Conseil régional

Réponse au voeu déposé par le groupe EELV sur le nucléaire


Contre la sortie du nucléaire
Il convient tout d’abord de faire le jour sur la problématique telle qu’elle est posée par le vœu d’EELV.

Sur la transition énergétique, puisque c’en est l’intitulé :
- Nous partageons l’idée que la question de l’énergie sera le grand débat du XXIème siècle
- Nous savons que l’humanité devra affronter une évolution climatique. Les facteurs multiples des changements de température ne peuvent pas faire oublier l’impact humain, qu’il s’agit de limiter. Nous devons assurer, autant que possible, une transition vers un modèle de production décarbonée.
- Au plan économique, la raréfaction des ressources en gaz et en pétrole, impose par ailleurs d’anticiper la pénurie à venir. Elle entrainera des changements géopolitiques profonds, et des évolutions nécessaires dans les filières de l’énergie.
- Il faudra donc investir massivement vers les énergies alternatives, consacrer des moyens à la recherche, combinés à des stratégies d’économie de l’énergie. Ce défi est le nôtre, car il s’agit du progrès humain.


Nous sommes favorables à un débat sur l’énergie. Un débat de fond. Un débat rationnel. Un débat ouvert, débarrassé des tabous et où l’on se parle franchement.

Dès lors, ce débat, ne peut être refermé avant qu’il n’ait été ouvert. C’est pourquoi les élus MRC voteront contre le vœu proposé. Nos élus estiment qu’il n’est ni opportun, ni raisonnable, de cristalliser la question énergétique sur la sortie du nucléaire. Pour la France, la perspective de sortie de l’énergie nucléaire ne peut être avancée sans prendre en compte ses conditions de faisabilité, la lutte contre les gaz à effet de serre, l’impact sur l’emploi et sur l’indépendance énergétique du pays. Il convient de prendre en compte toutes les dimensions du sujet.

Au-delà de l’intitulé cependant, disons-nous les choses, le vœu présenté entend profiter d’un effet d’aubaine à l’heure ou d’autres partenaires de gauche débattent du nucléaire. Le nucléaire est l’objet principal de ce vœu.


Oui, le nucléaire pose des difficultés : la question des déchets (que l’EPR permettra de diviser par 10 !) , le risque d’emballement de la réaction, l’impact des catastrophes naturelles. Le nucléaire n’est pas un totem. Mais il faut envisager cette question de manière dépassionnée, et réfléchir sur la longue durée.
Nous pouvons souhaiter par exemple de programmer la sortie du nucléaire fissionnel à long terme. Cela suppose de l’envisager progressivement, en consolidant d’abord les projets EPR qui permettent d’améliorer la sureté, puis en finançant les projets de recherche qui permettront un jour de maîtriser la fusion nucléaire qui ne produit aucun déchet, présente une absence de risques de la réaction, et nous affranchit des questions relatives à l’approvisionnement.

En tout état de cause, le MRC considère que deux engagements peuvent et doivent être pris à ce stade :
- organiser un grand débat de l’énergie afin que les citoyens s’emparent de ce sujet, avec leurs représentants et toute la communauté scientifique.
- garantir un service public de l’énergie intégral : la catastrophe de Fukushima nous impose ce constat. On ne peut confier un secteur stratégique d’une part, et potentiellement dévastateur d’autre part, aux intérêts privés de la rentabilité. L’énergie nucléaire n’est pas une marchandise. Seul un pôle public est en mesure de garantir l’intérêt général, de la conception des centrales jusqu’à leur exploitation quotidienne. Aucune exception à cette règle ne saurait être tolérée.

Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Samedi 1 Octobre 2011 à 13:07 | {0} Commentaires