Le Kremlin-Bicêtre

Cuisine et (in)dépendances
Dans un article sobrement intitulé "Les dérives de la sous-traitance au privé de l’armée française», Le Parisien de jeudi décrit avec moult détails le démantèlement progressif du service public auquel le gouvernement se consacre corps et âme.

A l’origine de ce papier, un rapport de la Cour des comptes qui épingle la gestion calamiteuse engendrée par l’externalisation de certains services publics. Dans la restauration, l’entretien, l’habillement ou la maintenance informatique, l’armée française fait donc appel à des prestataires de services privés. On connaît la chanson libérale : par le jeu de la concurrence, la privatisation réduirait les coûts.

A lire le rapport de la Cour des comptes, rien de plus faux. La location d’Airbus à une société privée génère des surcoûts de plusieurs millions d’euros pour la défense nationale. Les excès sont tels que la Cour recommande la création d’un organisme de contrôle !

De telles dérives, à la limite du comique, me confortent dans mes orientations. Au Kremlin-Bicêtre, nous avons fait le choix de privilégier le service public jusque dans la restauration municipale, entièrement assurée par des agents communaux.

Là où tant d’autres communes cèdent à la tentation du privé, nous avons toujours tenu bon dans l’intérêt des kremlinois. Financièrement viable et économique, gustativement meilleure, la restauration municipale s’en trouve grandie.

177 agents issus de tous les services communaux confectionnent et distribuent 2000 repas quotidiens.
Nous avons organisé une restauration municipale scindée en deux cuisines – l’une pour le « chaud », l’autre pour le « froid »- afin d’approvisionner les cantines scolaires, le Club Lacroix et une quarantaine de kremlinois bénéficiant du portage des repas à domicile. Jusque dans l’organisation d’événements exceptionnels tels que le festival Russenko, nous sollicitons nos services sans faire exclusivement appel à des traiteurs extérieurs.

Niveau hygiène et traçabilité, nous effectuons 220 contrôles quotidiens garants d’une amélioration constante de la nourriture distribuée. Au final, je suis fier du travail réalisé pour construire un service public de restauration municipale financièrement viable. Grâce à nos efforts, nos agents communaux dégustent un repas complet pour seulement… 3.55 euros !

Un plaisir pour les papilles à coût limité : de quoi laisser rêveuse notre défense nationale !

Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Vendredi 4 Février 2011 à 12:34 | {1} Commentaires