Le AAA ou l’alibi pour mieux démanteler le pacte républicain.
Chaque jour, à grand renfort médiatique, nous est « vendue » l’extrême nécessité de la rigueur et de l’austérité. Sans effort de chacun, surtout des classes moyennes et populaires, notre péril serait déclaré en état de péril imminent. Celui-ci porte un nom : le AAA.
Les gouvernements européens craignent davantage les agences de notation que le peuple. Il faut dire qu’on sait lui faire peur, au peuple …
Avec cette sourde menace d’être grondé, pire, dégradé, le gouvernement accélère sa politique de renoncement : les services publics reculent, les droits se rétractent (droit à la retraite, à la santé, à l’éducation…). L’Etat se désengage de ses missions : transport, logement, social, sécurité… Chacun le vit au quotidien.
Elus régionaux, nous vivons cette réalité. La région, comme les autres collectivités territoriales, peut être un échelon de résistance, un bouclier face à la politique du gouvernement.
Les services publics demeurent un rempart et la région s’emploie à les développer pour l’ensemble des franciliens.
Ainsi, alors que la région a hérité d’une situation de sous-investissement de l’état dans les transports, elle investit massivement et engage sur 2012 la simplification de ses tarifs pour plus de justice sociale.
De même, alors que l’Etat renonce toujours plus chaque année à la construction de logements sociaux, la région s’est engagée avec le Grand Paris Express à répondre à la question du foncier, frein au financement du parc social.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Vendredi 9 Décembre 2011 à 18:00 | {0} Commentaires

Europe-International

De l'analyse aux solutions...
La crise de la zone euro confirme les analyses du MRC. Pour autant, la qualité de notre réflexion ne vaut que si elle est associée à des réponses efficaces. Face à cette crise majeure, les solutions esquissées dans le débat politique sont loin de répondre aux enjeux. Nos réponses, portées par Jean-Pierre Chevènement, constituent un plan de sortie de crise et ouvrent un horizon pour l’Europe et la France.

D’abord en nous orientant dans une politique de croissance tournée vers les grands investissements et la recherche. La reprise en main de notre destin économique et industriel est le préalable.

Ensuite, en réaffirmant la primauté du politique sur le financier en modifiant le statut de la Banque centrale européenne. Elle doit pouvoir être en situation de racheter la dette des pays pour sortir de la spéculation des marchés contre les Etats.

Enfin, il nous faut réaffirmer notre modèle républicain et défendre ses valeurs.

Depuis la création de la monnaie unique, nous sommes confrontés au dogme de l’euro fort. Nous savons ce qu’il nous en coûte aujourd’hui : compétitivité malmenée de nos entreprises, désindustrialisation, délocalisation, chômage.

Un nouveau dogme fait la une de l’actualité : le désormais célèbre AAA. Les agences de notations sont devenues une arme d’austérité. Une dégradation, une remontrance, une mise sous surveillance d’un pays et c’est encore davantage d’austérité pour les populations.

La région et une partie de nos partenaires de la majorité ont intériorisé ce nouveau diktat. Elle s’est inscrite dans la logique de la notation pour bénéficier de la confiance des marchés. C’est pour rompre avec cette pression qui impose l’austérité que le groupe MRC a proposé l’emprunt régional citoyen. En élus du peuple, nous préférons obtenir la confiance des franciliens que celle des marchés financiers.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Mercredi 7 Décembre 2011 à 19:43 | {0} Commentaires

Europe-International

LIBRES !!!
Nous venons d’apprendre la libération des deux français Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, retenus en otage depuis le 30 décembre 2009 en Afghanistan.

Le 17 juin dernier, l’ensemble des conseillers régionaux d’Ile de France ont voté une résolution de soutien aux deux journalistes et à leurs trois accompagnateurs. Nous avions à cette occasion porté un bracelet sur lequel était inscrit la mention « Libérez-les » et leurs photos étaient apposés sur le fronton de l’hémicycle.
Ce vote unanime montrait qu’au-delà des débats d’idées qui opposent les différents groupes politiques, les questions d’intérêts supérieurs sont partagées par tous lorsque la situation le réclame.

L’emprisonnement de ces deux journalistes n’était pas seulement une entrave individuelle, elle symbolisait également l’entrave de la liberté de la presse à mener sa mission d’information. C’est avec beaucoup de bonheur que je m’associe à la joie de leurs familles et de leurs amis, privés depuis trop longtemps de la présence d’Hervé et Stéphane.

Je souhaite également avoir une pensée pour deux de leurs trois accompagnateurs, dont nous n’avons pour l’heure pas de nouvelles, ainsi que pour tous les otages français et étrangers détenus dans le monde. Cette libération est une source d’espoir pour eux et leurs familles et leur donnera je l’espère du courage durant leur détention.

Photo Benoit Tissier/Reuters

Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Mercredi 29 Juin 2011 à 19:21 | {0} Commentaires

Europe-International

Moody’s soit qui mal y pense !
Ces dernières années, les agences de notation bancaire font la pluie et le beau temps. Un séisme dramatique au Japon, une révolution en Tunisie, une crise sociale en France et les voilà qui dégainent leur arme fatale : la dégradation de la note !

Un peu comme à l’école, Moody’s et les autres agences de notation distribuent des « notes souveraines » aux grands élèves que sont les Etats et les entreprises. En clair : mieux vous serez notés, plus vous serez « souverains » ! Pour s’assurer une note stable à long terme, mieux vaut rester une bonne vieille dictature qui réprime efficacement tout mouvement social et présente des tableaux statistiques irréprochables. La Tunisie de Ben Ali passait ainsi pour l’archétype du bon élève. On sait ce qu’il en advint…

La volonté et la colère des peuples, Moody’s n’en a cure. Au fil de la crise de l’euro, elle prend systématiquement le parti des grandes banques contre les Etats. Malgré les pertes vertigineuses subies par certains grands établissements financiers (à force de jouer les apprentis sorciers sur les marchés !), Moody’s n’inquiète jamais ces juteux clients.

Et pour cause : elle aurait bien tort de couper le bras qui la nourrit. Dans ce jeu de poker menteur, les peuples se trouvent pris en otage par la finance mondiale.

En pleine crise de l’euro, Moody’s a récemment abaissé la note du Portugal de A1 à A3 après avoir dévalué la cote de la Grèce et de l’Espagne.

A chaque cas suffit sa peine. En Grèce, l’agence pointe du doigt la fraude fiscale généralisée qui mine les finances publiques… pour le plus grand bonheur des banques privées, décidément intouchables ! Au Portugal, Moody’s appelle le gouvernement à « apporter un soutien financier au secteur bancaire » tout en prônant une réduction drastique des dépenses de l’Etat. Bref, le même refrain chanté en chœur : souffrez braves gens, les banques vous le revaudront !

Evidemment, il ne faut pas s’attendre à des recommandations révolutionnaires. Dans les suggestions de Moody’s, tout est fait pour conforter le système ayant abouti à la crise des subprimes de 2007-2008. Que des pays comme la Grèce assèchent leurs recettes fiscales par des politiques de rigueur, et soient donc de moins en moins solvables, peu importe. Aux yeux de Moody’s, seuls comptent ses intérêts financiers à court terme. Lorsqu’un pays s’enfonce dans la récession, elle tire à vue ! Après tout, les conseilleurs ne sont pas les payeurs…

Avec pareilles connivences, le capitalisme mondialisé a de beaux jours devant lui.

Jusqu’à sa chute finale ?


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Vendredi 18 Mars 2011 à 16:45 | {0} Commentaires
Nucléaire : la peur mauvaise conseillère
Le drame qui a touché le Japon en fin de semaine dernière a fait des milliers de victimes. Ce séisme d’une extrême puissance (magnitude 7 sur l’échelle de Richter) a provoqué un tsunami dévastateur, causant le noyage du système de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima. Ce n’est donc pas le tremblement de terre mais bien le raz-de-marée qui a entraîné une fuite de réacteur disséminant des radiations à moins de trois cents kilomètres de Tokyo.

Aussitôt connus le premiers bilan humain de la catastrophe, en France, certaines âmes pressées ont exigé un referendum pour renoncer au nucléaire, garant de notre indépendance énergétique. Hélas, qu’il s’agisse de sécurité, de santé, d’immigration ou d’énergie, surfer sur les peurs ne résout rien. Le débat, salutaire, ne peut se dérouler sous le règne de l’émotion. A quelques jours des élections cantonales, je m’étonne de voir certains qui entendaient « faire de la politique autrement » tomber dans le piège des manœuvres politiciennes.

Qui plus est, les dégâts du tsunami ne se résument malheureusement pas à un accident nucléaire, aussi dramatique soit-il.

Rétablissons les faits. La France produit actuellement 80% de sa consommation d’électricité par voie nucléaire. Si le risque zéro n’existe pas, il est déraisonnable de comparer les conditions atmosphériques du Pacifique à celles de l’hexagone. La perspective (irréaliste) d’une sortie du nucléaire ne tient pas, faute d’énergie de substitution. Eoliennes, photovoltaïque ? Insuffisants. Gaz et charbon ? Polluants et potentiellement dangereux en cas de secousse tellurique.

L’énergie nucléaire n’est pas parfaite, notamment à cause du problème de l’enfouissement des déchets radioactifs. Sans rien céder au catastrophisme ou à la tyrannie de l’émotion, il y aura certainement des enseignements à tirer de la catastrophe de Fukushima. C’est pourquoi nous devrions engager un vaste débat national autour sur la question. Sans tabous ni dogmatisme, il faudrait chercher à diversifier nos sources d’énergie. Loin du statu quo actuel où le gel de l’investissement nucléaire condamne nos centrales au vieillissement, augmentant les risques d’incidents

En attendant, veillons à aider les Japonais victimes du tsunami et de ses conséquences radioactives.

Pourquoi ne pas symboliquement accueillir des familles ou étudiants japonais désirant vivre en France ? En plus de l’aide humanitaire classique, ce type d’échange renforcerait l’amitié et la coopération entre nos deux pays.

Ici comme ailleurs, audace, raison et responsabilité doivent prévaloir. A bon entendeurs !

Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Mercredi 16 Mars 2011 à 14:01 | {0} Commentaires
L’Europe contre le service public de l’électricité
Le 24 novembre, la Commission européenne a traduit la France devant la Cour de justice de l’Union Européenne. L’objet du scandale ? Comme souvent, un délit de non-conformité à l’ordre néolibéral bruxellois. En l’espèce, la France se voit reprocher la « non adaptation de son système de taxation de l’électricité » qui confère à chaque commune le pouvoir de fixer ses taux.

Ainsi, l’élu local dispose d’une marge de manœuvre fiscale lui permettant d’ajuster aux besoins de sa collectivité le taux de la taxe sur l’électricité. Cette taxe contribue au budget général des communes, sans affectation spécifique aux dépenses liées à l’électricité. La loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité a d’ailleurs récemment réaffirmé cette mesure de pur bon sens.

C’en est trop pour la Commission Européenne qui, en ces temps de crise, profite de la faiblesse des États pour les pousser vers une intégration à marche forcée. A travers l’exigence absurde d’une uniformisation fiscale, la directive européenne 2003/96/CE coupe l’herbe sous le pied des collectivités locales et, du même coup, remet en cause l’idée même de service public.
En effet, la perte du pouvoir de fixer les taux de taxation, aujourd’hui exigée dans l’électricité, pourra demain être élargie au gaz et à l’eau.

Ce recul de la souveraineté mine le principe d’égalité censé régir la République française et signe une nouvelle attaque de Bruxelles contre la nation.
En montrant du doigt la France, la Commission européenne veut également la faire renoncer à ses services publics. Par la réduction des dépenses publiques, les oligarques de Bruxelles entendent ainsi organiser une forme de décroissance publique. Jusqu’à présent, si les villes conservaient leur pouvoir de taux sur l’électricité, c’est qu’il s’agissait d’un service public échappant à la logique de l’uniformisation comptable.

Quoiqu’en disent les eurobéats, en poussant les Etats à abdiquer leur souveraineté, l’Europe de Bruxelles s’oppose donc clairement à toute politique réellement de gauche.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Mardi 7 Décembre 2010 à 14:54 | {0} Commentaires
Après la Grèce, l’Irlande bientôt au régime sec ?
L’histoire se répète. Après la Grèce au printemps dernier, une autre crise révèle la fébrilité du système financier mondial. En fait de solution, l’euro y apparaît comme un des problèmes de l’équation.

Les difficultés actuelles de l’Irlande constituent un cas d’école. Dublin a cher payé le renflouage des banques menacées par la crise financière mondiale. Résultat : le déficit public irlandais atteint aujourd’hui les 32 % ! Au lieu de demander des comptes aux institutions bancaires, le gouvernement irlandais a décidé d’engager un plan d’austérité à l’ampleur inégalée : en quatre ans, le déficit doit passer sous la barre fatidique des 3% du PIB !

Las, ce remède de cheval ne suffit pas à rassurer les marchés financiers. Ces deux dernières semaines, la hausse continue des taux d’emprunt a miné les banques irlandaises et contaminé les obligations portugaises.

Loin de protéger les économies nationales, la libre circulation des capitaux dans une Europe dérégulée accroît le risque de contagion des crises !

Si l’Union Européenne envisage de piocher dans le Fonds Européen de Stabilité Financière, elle conditionne son aide au durcissement de la cure d’austérité irlandaise. Autant dire que le pourtant très libéral gouvernement Cowen se situe à la gauche de Bruxelles !

Quant à la Banque Centrale Européenne, celle-ci redouble de cynisme en fournissant aux banques irlandaises des emprunts à un taux supérieur à ceux du marché interbancaire européen. L’Irlande dépend ainsi d’une perfusion coûteuse qui démontre l’incurie de l’Eurogroupe.

Au lieu d’encadrer l’économie, la BCE se fait le relais des marchés financiers. Le mythe d’un euro-moteur de la croissance européenne n’a que trop duré. Constamment surévaluée, la monnaie unique impose une seule gestion monétaire à des économies aux intérêts divergents. Pire, l’euro plombe la compétitivité-prix des industries européennes face à leurs rivales chinoise et américaine, entraînant des délocalisations en série.

Sans pilotage économique ni possibilité de dévaluer, le navire euro prend l’eau de toutes parts. Pour ne pas payer le coût social des politiques de déflation encouragées par Bruxelles, l’Irlande et ses partenaires devraient prendre leurs responsabilités en étudiant les scenarii de l’après-euro.

Comme le suggérait dernièrement Jean-Pierre Chevènement à notre ex-ministre des Affaires Etrangères : «Changez les règles du jeu ou changez de jeu ! ».





Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Mardi 16 Novembre 2010 à 15:46 | {0} Commentaires