Le quinquennat de trop !
Il y a 4 ans, le candidat Sarkozy devait être le président du pouvoir d’achat, de la réforme du service public, d’une France de propriétaires. Il s’engageait à diminuer les impôts des ménages, consolider les retraites, restaurer la compétitivité de nos entreprises françaises.

Des promesses de campagne à l’application, les français ont pu constater la réalité. La diminution de la fiscalité des ménages est passée par le bouclier fiscal pour favoriser les plus aisés ; la réforme du service public s’est réduite au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ; la consolidation des retraites a abouti à l’augmentation des annuités de cotisations ; le développement de nos entreprises par la réforme de la taxe professionnelle au détriment des collectivités territoriales…

Ces choix politiques, Sarkozy Président les a assumés, coûte que coûte, même quand sa propre majorité l’appelait à la raison.

Mais voilà que patatras : les mesures annoncées hier par le gouvernement pour ce énième plan d’austérité contraignent Monsieur Sarkozy à tomber le masque.
Et le président a beau sur-utiliser la crise pour se donner une prestance sur la scène internationale, pour justifier tous les maux qui frappent les français, ces derniers ne sont plus dupes.

La réalité est cruelle pour le Président Sarkozy. Ce nouveau plan d’austérité résulte d’une diminution des recettes, suite au dernier plan de rigueur. En clair, les mesures adoptées rapportent moins que ce que le gouvernement attendait et la croissance s’en trouve impactée. Preuve -s’il en fallait après l’exemple grec- que la rigueur est un frein à la croissance. Nous sommes loin de « j’irai chercher un point de croissance avec les dents » !

Dans son annonce, M. Fillon a habilement évoqué un plan de 7 milliards d’économies alors qu’il s’agit dans les faits de nouvelles recettes, et donc de nouveaux impôts pour les Français. Il s’agit pour l’essentiel du détricotage des principales réformes de l’ère Sarkozy. L’aveu de ses promesses non tenues aussi.

La création d’un taux de TVA intermédiaire à 7%, notamment sur les produits de consommation, a le mérite d’assurer des recettes rapides à l’Etat mais au détriment des personnes aux plus bas revenus. Rien n’est plus injuste que l’augmentation d’une taxe qui touche tous les Français, sans prendre en compte leur niveau de ressources. Envolé le pouvoir d’achat !

Le bel argumentaire de la justification de l’abandon de la taxe professionnelle pour augmenter la compétitivité des entreprises tombe aujourd’hui. Avec la majoration de 5% de l’impôt sur les sociétés réalisant plus de 250 millions de chiffres d’affaires, Nicolas Sarkozy augmente la pression fiscale au bénéfice de l’Etat et non plus des collectivités locales.

Le quart des 7 milliards est aussi le fruit de réduction de dépense sur les prestations sociales et familiales, sur l’assurance maladie et sur les fonctionnaires. Nous sommes loin des déclarations du candidat : « j’aiderai les familles à chacune des étapes de leur existence » et « je ne pense pas qu’il y ait matière à beaucoup d’économies dans la santé ».

Ce plan de rigueur restera l’héritage du quinquennat de Monsieur Sarkozy : des réformes inadaptées, irréfléchies et en définitif néfastes pour la France et les Français.
Il nous faut tirer une leçon des mauvaises décisions prises ces dernières années : une politique d’austérité ne peut entrainer qu’une spirale d’austérité.

Seul un véritable plan de relance économique, tel que celui présenté dans la déclaration de candidature de Jean-Pierre Chevènement, permettra à notre pays de sortir de la crise. La seule garantie d’une reprise de l’emploi et de l’augmentation du pouvoir d’achat.

Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Jeudi 10 Novembre 2011 à 11:37 | {0} Commentaires