Intervention de Jean-Marc Nicolle sur le débat d’orientation budgétaire


Sortir du dogme de l'euro fort et se défaire du triple A obsessionnel
Le débat d’orientation budgétaire s’inscrit dans un contexte de crise que vous avez exposé, Madame la Vice-présidente, et sur lequel je ne reviendrai pas.
Nous partageons les critiques sur les choix du gouvernement qui ne permettent pas de placer la France à la hauteur des défis.
Le gouvernement est accroché à ses dogmes. D’abord celui de l’euro fort qui asphyxie notre secteur industriel, réduit la compétitivité de nos entreprises et conduit à encourager les délocalisations. Ensuite, celui du fameux triple A avec des marchés financiers qui mettent sous pression les politiques publiques et qui posent le problème majeur de la souveraineté et de la démocratie. Malheureusement, le gouvernement souscrit à la demande des marchés financiers par l’austérité.
De plan d’austérité en plan d’austérité, cela conduit à la baisse des recettes fiscales avec les conséquences inéluctables de réduction des politiques publiques qui touchent en priorité les plus fragiles et les plus faibles de nos concitoyens.
D’ailleurs, l’utilisation de la dette publique des collectivités locales, qui ne représente qu’une faible proportion de la dette française, permet au gouvernement d’accélérer sa politique de déréglementation du secteur non marchand et conduit au renoncement du service public pourtant garant du pacte républicain et de l’égalité entre les citoyens.
Nous ne pouvons pas nous laisser enfermés dans cette spirale déflationniste. Car après la réforme de la taxe professionnelle qui a rendu atone nos recettes fiscales, cela ne suffit pas au gouvernement puisqu’il remet en cause la loi de programmation de 2010 qui gelait la dotation de l’Etat en direction des collectivités.
Le projet de loi de finance 2012 diminuera de nouveau des dotations de l’Etat en direction des collectivités. Nous devions avoir un pactole ou une cagnotte, annoncé par Mme Pécresse, mais nous n’avons toujours rien vu !
Dans ce contexte, il ne faut pas rester l’arme au pied !
Nous y contribuerons par la niche de notre groupe que nous défendrons demain en présentant un Emprunt régional citoyen pour doter la région d’outil supplémentaire et diversifier les produits d’emprunt.
Cela permettra d’engager un processus de relocalisation de la dette et de replacer le citoyen comme acteur et le faire participer à nos choix.
Vous nous proposez donc de ne pas renoncer, dans le cadre de ce débat d’orientation budgétaire, à la demande sociale des franciliens. Nous devons développer notre bouclier social. Nous partageons les orientations proposées, particulièrement l’Education et les Transports. L’éducation, parce qu’elle prépare les générations futures et par conséquent les citoyens de demain. Les transports, en développant l’offre et le plan de mobilisation transport. J’ajouterai le développement économique pour lequel le groupe MRC sera vigilant dans le prochain budget car il est le moteur de notre économie aggravée et la source des recettes fiscales de demain.

Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Jeudi 17 Novembre 2011 à 15:44 | {0} Commentaires